Glaciers

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En Islande, comme son nom l’indique (Iceland en anglais), on trouve des glaciers. Merci, on ne l’aurait pas deviné, me direz-vous!

Mais quand on a la chance d’aller voir de près un glacier (et pas de trop près, même s’il est possible de faire des « randonnées » sur des glaciers, vu leur fragilité actuelle, je trouve que cela devrait être évité et réservé aux spécialistes), on est tout de même impressionné par cette imposante masse de glace qui s’étale devant nous pour aller approvisionner rivières et lacs de montagnes.

Petit rappel sur ce qu’est exactement un glacier et, surtout, sur leur importance dans l’écosystème et leur déclin actuel.

Les glaciers, selon quelques sources du Web (à ne pas confondre avec le Giovanni’s Gelato de votre quartier…)

Masse de glace plus ou moins étendue formée par les couches de neige accumulées. La neige s’écrase et laisse s’échapper l’air qu’elle contient pour se souder et former la glace.

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Par effet de gravité, le glacier s’écoule lentement le long d’une pente ou par fluage. Les glaciers représente 70% des eaux douces de la planète.

Il existe deux grandes familles de glaciers : les glaciers alpins ou confinés, et les glaciers continentaux ou non-confinés. Les premiers sont l’image que l’on a le plus souvent du glacier: une masse allongée occupant une vallée et donnant naissance à un torrent, un autre perché et suspendu à flanc de montagne, une langue rejoignant la mer,… Les seconds ont une étendue et une épaisseur tellement importantes que leur morphologie ne dépend pas du relief. Ils forment les calottes glaciaires, inférieurs à 50.000km, comme celle d’Islande, le Vatnajökull, ou les inlandsis, supérieurs à 50.000km, comme le Groenland et l’Antarctique.

Depuis 1850, on observe un recul des glaciers à un niveau mondial et rapide. Diminués de plusieurs kilomètres, ils auraient déjà perdu plus de 9.000 milliards de tonnes de glace rien qu’entre 1961 et 2016. En Europe, les glaciers des Alpes ont perdu entre 1850 et 2000 entre 30 et 40% de leur superficie et près de la moitié de leur volume.

Quel est l’impact de la fonte des glaciers ?

Le volume d’un glacier, qui se traduit par sa surface et son épaisseur, est déterminé par l’équilibre entre l’accumulation de neige et la fonte du glacier. Si le climat change, cet équilibre sera modifié. Les plus petits glaciers et ceux à plus basse altitude seront bien entendu les premiers touchés par un réchauffement climatique.

Les fontes des glaciers impactent indiscutablement l’écoulement les bassins de grands fleuves, comme le Rhône par exemple, dont le bassin se situe dans les Alpes. La quantité d’eau du fleuve est sous l’influence de la fonte estivale des glaciers. Lorsque les étés sont plus chauds, la fonte des glaciers permet un approvisionnement des rivières. Mais la disparition de ceux-ci pourrait tarir ces rivières pendant une partie de l’été et de l’automne.

L’usage domestique, agricole, énergétique et industriel des peuples de montagnes dépend des ressources en eau provenant des montagnes. Les sols secs ne pourront pas absorber les fortes précipitations et engendreront, comme nous le voyons ces dernières années, des inondations.

Quant aux glaciers continentaux, leur fonte a également de multiples répercussions. Outre l’augmentation du niveau des mers et océans qui risquent de faire reculer les digues de nombreuses villes côtières, on observe également une diminution de la surface de banquise indispensable à la survie de nombreuses espèces. La température des océans se réchauffe également suite à la fonte en profondeur des glaces de l’Antarctique et impacte sur la quantité de krill, maillon indispensable à toute la chaîne alimentaire marine.

Les glaciers, pour moi

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Je ne vais pas vous faire un dessin, on ne parle jamais assez des effets à long terme du changement climatique. D’où cette petite piqûre de rappel.

Du plat pays d’où je viens, je n’ai jamais vécu une relation privilégiée avec la montagne et d’éventuels glaciers. Mes souvenirs des mes rares (en fait, seulement deux) fois sur des skis ne font pas partie de mes meilleures prouesses sportives (sauf si on ajoute la discipline « skier sur ses fesses »). La neige et la glace, c’est super joli mais c’est froid.

Cependant, il y a quelques années, j’ai eu la chance de partir sur un bateau dans les eaux d’Alaska à la rencontre d’un des plus gros glaciers. Un moment inoubliable est celui où vos yeux distinguent clairement qu’un énorme morceau s’en détache et s’écroule dans l’eau en projetant d’énormes vagues et vapeurs, mais vos oreilles entendent le bruit avec quelques secondes de décalage. Cela serait dû au fait que le son n’a pas beaucoup de possibilité pour se répercuter avant de parvenir jusqu’à nous. Ne me demandez pas plus de détails, les explications étaient en anglais dans le micro du capitaine qui avait bien sûr un accent improbable. Mais c’était l’un des moments les plus fascinants de ma vie. Et l’un des plus angoissants, voir cette réalité de fonte de glace devant ses yeux.

Mon ascension vers les glaciers d’Islande est évidemment un voyage tout aussi merveilleux. Vous êtes assis là, sur votre caillou, à observer cette immense couche de glace, et c’est beau. Juste beau. Vous ressentez son souffle frais pendant que les rayons du soleil chauffent votre dos. Vous regardez le goéland se poser sur un morceau détaché, dérivant vers le bassin approvisionnant tous ces lits de rivières, et vous vous demandez comme il n’a pas froid aux pattes.

– Allez viens, il faut redescendre !

L’histoire des prises de vue

Eidur vous a fait la petite carte des lieux de prises de vue :

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On s’est arrêté en bord de route pour admirer ces montagnes avant de nous promener sur leurs sentiers de randonnées. Une météo magnifique nous accompagnait.

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Et puis quand on a continué vers le fameux Jökulsárlón, le soleil est parti se cacher et la bruine est arrivée. Mais qu’à cela ne tienne, on n’a pas acheté du Goretex pour rien ! Les glaçons sur cette plage de sable noir m’inspirent, je sors le trépied et mon filtre pour obscurcir et laisser une pose longue sublimer le mouvement des vagues.

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Quelques phoques gris cherchent leur nourriture pendant que je me gèle les doigts sans bouger pour les laisser s’approcher. Curieux de nature, ils restent néanmoins à bonne distance. Mais quel plaisir de les voir dans leur milieu naturel, aussi réduit soit-il.

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« On ne vit pas de la beauté, mais on peut mourir pour elle. » – proverbe islandais

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A propos Stéphanie Van Lembergen

Photographe amatrice depuis l'âge de 14 ans. Passionnée de nature et de grands espaces depuis toujours. La macro et le portrait sont les nouveaux venus. Une envie irrésistible de prendre le matos et de partir à la recherche d'un détail, d'un recoin, d'un sourire, d'un moment,... Plus rien n'existe, seule l'image persiste. Techniquement: Canon 7D avec lens Sigma 18-35mm f/1.8 et lens Canon 100mm Macro série L f/2.8
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